A marche forcée

La brève rencontre entre Mel et Anouk face à un temple népalais est si intense qu’un rendez-vous est aussitôt fixé : ce sera au camp de base de l’Annapurna.
Mais sur le toit du monde, le danger n’est pas celui que l’on croit et le plaisir des retrouvailles sera de courte durée.

De treks en haute montagne en ascensions d’à-pics effrayants, les deux femmes vont devoir tracer une route bien plus longue et sinueuse qu’elles ne l’avaient envisagé.

Jusqu’où leur aventure va-t-elle les entraîner ?

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Point de vue de l’autrice

Ce roman est certainement le plus autobiographique de tous mes livres, dans la mesure où j’ai exploré, à la même époque que Mel et Anouk, les contrées dans lesquelles j’ai placé leurs tribulations.
En effet, dans les années 1990, j’ai parcouru de façon intensive le Népal, la Chine, le Tibet, l’Inde ainsi que la Thaïlande. J’en ai retiré des anecdotes et des souvenirs que j’ai inclus pour certains dans ce livre.

Randonnées au Népal
À mon grand regret, je ne serai jamais une alpiniste comme Anouk, même si je me suis essayée à l’escalade dans ma jeunesse. Comme Mel, je me contente de marcher. J’ai ainsi randonné au long cours à trois reprises au Népal (1991, 1992 et 2001), expériences que j’ai adorées malgré le froid, la fatigue et, parfois, les difficultés dues à l’altitude. Tant de belles rencontres dans un décor de paysage sublime ont changé ma vie et ma vision des choses.

À Kagbeni, village étape sur le trek des Annapurnas, j’ai passé au moins une heure assise sur un banc en pierre à regarder le chemin qui s’éloignait vers le Mustang, cette région au nom mythique qui, à mon grand regret, n’était pas ouvert aux randonneurs individuels à cette époque (1991). Mais, revanche de l’écrivaine, mes deux héroïnes, elles, vont pénétrer dans les vallées de cet ancien royaume himalayen.

Le Tibet, un rêve d’enfance
Qui n’a pas lu Tintin au Tibet ? Au fil d’innombrables lectures, mon imagination a été bercée par les aventures de Tintin sur le toit du monde et j’ai toujours souri devant la réaction du Capitaine Haddock face aux moines tibétains et à leurs immenses trompes. Quand j’ai assisté en personne à une cérémonie dans un temple tibétain, j’ai réalisé combien les dessins de Hergé étaient détaillés et fidèles à la réalité. Je ne découvrais pas un monde inconnu, je le retrouvais !

Malgré la répression et l’invasion graduelle de leur territoire, les Tibétains sont restés fiers de leur culture et de leur spécificité. Je n’ai jamais vu une telle ferveur religieuse avant d’arriver à Lhassa et de me promener autour du Jokhang, de rencontrer des moines qui m’ont fait visiter leur monastère jusque sur les toits de cuivre à six heures du matin avant de me servir un thé tibétain (au beurre de yak) et de la tsampa (bouillie à base d’orge grillée).

Un périple transfrontière
Si les tribulations de Mel et d’Anouk semblent extraordinaires par leur durée et leur longueur, leur itinéraire peut être retrouvé sur une carte ; je n’ai pas simplement posé mon doigt sur une mappemonde en disant : voilà, elles iront de cette ville-ci à celle-là.
J’ai tenu compte de l’existence des frontières et des circonstances géopolitiques de l’époque pour les faire passer par des endroits précis en suivant des chemins qui auraient pu être empruntés.
Bien sûr, leurs aventures sont le fruit de mon imagination, mais elles ne sont pas complètement invraisemblables, un point important pour moi qui suis très sensible, comme autrice et comme lectrice, à la précision notamment en matière géographique