A l’abordage
An 1719. Dans la mer des Caraïbes sévissent les infâmes pirates battant pavillon noir. Semant la terreur parmi les navires de commerce et les colonies, leur seul intérêt est l’argent et la boisson. Théophraste Merlot, capitaine du Saint Laurent est l’un d’entre eux. Mais qui est réellement ce capitaine sans peur et sans reproche ? Seul Masuk son ami d’enfance serait capable d’en parler s’il n’était pas muet.
Une course contre la montre s’engage lorsque, à l’occasion d’un abordage, des documents compromettants pour les Anglais tombent entre les mains de Théophraste Merlot et de son équipage. S’engage alors un chassé-croisé entre les intérêts des nations colonisatrices et les pirates du Saint Laurent.
Nos pirates sauront-ils échapper à tous les pièges tendus et atteindre enfin la richesse ? Le traître qui se cache à bord et renseigne l’ennemi sera-t-il découvert avant qu’il ne soit trop tard ? Théo saura-t-il jusqu’au bout préserver son secret et cacher à tout le monde qu’en réalité il est une femme ? Le jeune Paul nouveau membre d’équipage est-il bien ce qu’il prétend être ?
Bande annonce
Point de vue de l’autrice
J’ai écrit ce roman d’aventures en 2003, à peu près au moment du tournage du film Pirates des Caraïbes, même si le film en tant que tel ne m’a pas inspirée directement puisque je ne savais pas qu’il était en cours.
J’étais dans ma cuisine, en train de manier un long couteau à émincer, et c’est ainsi que l’idée d’une femme pirate m’est venue. Une idée en entraînant une autre, j’ai décidé de réunir dans ce roman tous les ingrédients des récits de pirate que j’avais appréciés dans mon enfance : combats, bravoure, trahison, trésor caché….
Des souvenirs d’enfance à des découvertes plus récentes
Lorsque je pense « pirate », deux films me viennent à l’esprit : Surcouf, le tigre des sept mers et Barbe noire. Après les avoir vus (et revus) dans mon adolescence, je m’imaginais carguant les voiles afin de combattre les navires ennemis.
Puis j’ai découvert l’existence de femmes pirates comme Anne Bonny et Mary Read, qui ont défrayé la chronique par leurs exploits à la tête de leur équipage masculin.
Théophraste Merlot, capitaine pirate et femme d’honneur, était né.
Roman historique signifie documentation…
Quelques ouvrages m’ont permis de me familiariser avec les pirates qui ont écumé les Caraïbes, en particulier Les Chemins de Fortune, écrit par Daniel Defoe, surtout connu de nos jours pour les aventures de Robinson Crusoe. Je me suis également servie des Mémoires du père Labat Nouveau Voyage aux Isles de l’Amérique. Cet ouvrage, écrit par un missionnaire français, est une mine de détails croustillants sur la vie quotidienne dans les Antilles de l’époque (il a été publié en 1722). J’y ai notamment déniché la recette du boucan préparé par mes pirates.
Il m’a fallu ensuite trouver l’endroit exact de l’action ainsi que la période. En effet, ce qu’on appelle « l’âge d’or de la piraterie » s’étend de 1650 à 1730 et s’est développé autour de plusieurs ports comme Port-Royal, à la Jamaïque, l’île de la Tortue en Haïti et Nassau aux Bahamas.
… mais aussi difficultés techniques
Je pense que le plus dur lors de l’écriture de ce roman a été l’intégration dans mon texte des termes de marine. J’avoue m’être arraché les cheveux en essayant de comprendre les manœuvres lors des combats navals. La littérature est venue à mon secours, en particulier Corsaire de la République de Louis Garneray. Bien que plus tardif d’environ un siècle par rapport à mon histoire, cet ouvrage m’a inspiré certaines des manœuvres maritimes du Saint-Laurent.
Après avoir appris le vocabulaire spécialisé et maîtrisé les manœuvres de la marine à voile, un autre défi a été d’éviter les anachronismes : au début du XVIIIe siècle, on ne parle pas de diligence pour désigner un véhicule tiré par des chevaux, les lampes à pétrole n’existent pas encore, etc. J’ai veillé également à utiliser des termes correspondant à l’époque de l’intrigue, sans pour autant m’embourber dans un archaïsme séduisant pour l’écrivaine, mais lassant pour les lectrices et lecteurs. Enfin, les réactions de mes personnages et leurs réflexions ne devaient pas sembler trop modernes tout en résonnant cependant avec les préoccupations de notre époque.
La piraterie, une utopie anarchiste
Les pirates et autres flibustiers représentent pour nous l’aventure et la violence, mais il s’agit aussi d’une utopie anarchiste sur les mers, avec des sociétés organisées en dehors des règles extrêmement rigides des marines officielles et des établissements coloniaux. Ainsi une démocratie intégrale régentait les bateaux pirates, avec le partage du butin entre tous les membres d’équipage, l’élection du capitaine, etc.
Cette organisation était en contraste marqué avec la hiérarchie brutale et cruelle des marines anglaise, française ou espagnole et le système esclavagiste qui a permis l’exploitation des Antilles au profit des métropoles, dans le cadre en particulier du commerce dit triangulaire. On estime ainsi à plus de 3,7 millions le nombre de captifs débarqués d’Afrique dans les Caraïbes aux XVII et XVIIIe siècles pour exploiter les plantations, en particulier de canne à sucre.
J’ai essayé dans mon roman de retranscrire un peu de cet esprit subversif dans la façon dont Théo va mener le Saint-Laurent et son équipage et assurer son avenir et celui de sa bien-aimée.
Documents joints
Extrait de A l’abordage - PDF - 53.2 kio