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Birmanie, pays des Bouddhas et des payas
Y aller ou non ? Après beaucoup d'hésitation, nous avons pris la décision d'aller en Birmanie en mai 2003. J'avoue qu'au début, l'idée de donner mon argent à la junte militaire au pouvoir ne me tentait pas trop. Maintenant, je dirais qu'il faut aller dans ce beau pays mais en évitant au maximum les hôtels ou transports gouvernementaux, ce qui actuellement est très facile.
Les Birmans sont, en cet automne 2007, dans une passe très difficile à cause de la junte militaire qui a lancé une nouvelle campagne de répression contre le peuple. On ne peut que soutenir les efforts des partisans de la démocratie.
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Le début de notre voyage s'est admirablement bien passé et même la visite de Shewedagon Paya sous la pluie, à Yangon, avait un charme non négligeable. J'oublie de dire qu'une paya est un temple ou pagode. Il y en a partout en Birmanie. Sur la moindre colline, dans le moindre virage, des payas très bien entretenues sont visibles.
Je n'en dirai pas plus sur Yangon. Pour les fanatiques de payas, consultez un guide ; pour les autres, il reste le très grand marché de Bogyoke Aung San et quelques jardins et lacs. N'oubliez pas, non plus, de vous arrêter au coin d'une rue pour regarder les gens, tous vêtus du longy (ou sarong) traditionnel, vaquer à leurs activités, ou de contempler les publicités de toute sorte peintes à la main sur de grands panneaux.
Nous avions décidé de partir en fin d'après-midi pour Mandalay. Pour cela, nous avions acheté, la veille, un billet de bus chez Léo Express (à côté de la gare – 4 600 K). J'appréhendais un peu les 13 heures de bus de nuit, mon expérience passée revenant à ma mémoire. Quelle ne fut pas ma surprise d'avoir un bon bus air conditionné, sièges inclinables, bouteille d'eau gratuite et 2 chauffeurs ! Léo, le patron, est même présent au départ pour vérifier que tout se passe bien. Et tout s'est bien passé. Malgré les 4 arrêts (pour manger et toilettes), j'ai même pu dormir. Joie de ne pas arriver trop explosée à Mandalay. |
Mandalay, si elle est assez calme, est une ville très étalée. Vouloir s'y promener à pied tourne vite au cauchemar comme nous l'avons rapidement constaté, surtout que s'y retrouver prend un peu de temps. Par exemple, notre hôtel était sur la 83ème rue entre la 23 et la 24ième rue. Charmant mais un peu confus ! Se déplacer dans les rues défoncées est une aventure. Les trottoirs, me direz-vous ? Oh, il y en a ! Mais ils sont occupés par tout et n'importe quoi. Cela va du fil à linge, avec ou sans linge, aux restaurants de rue, vélos, mobylettes, ateliers, chantiers….
La saison des pluies rend le challenge encore plus intéressant. Un conseil, pendant la saison des pluies, deux choses sont indispensables : parapluie et tongs ou chaussures waterproof. Un soir, l'orage a éclaté vers 17heures. Deux heures plus tard, la faim nous rongeait l'estomac, le temps qui passait amenuisait notre espoir de trouver un restaurant ouvert (ils sont quasiment tous fermés à 20 heures). Les tongs au pied et le parapluie à la main, nous sommes sorties affronter l'orage. De l'eau aux chevilles en prenant bien soin de rester sur le trottoir et d'éviter les trous (pas facile sans éclairage public), nous avons franchi les 100 m qui nous séparaient d'un petit restau Shan. Enfin au sec et attablées, nous avons commencé à manger les yeux fixés sur le niveau d'eau dans la rue. Au fur et à mesure que nos assiettes se vidaient, l'eau montait dans le restaurant. Nous avons terminé le repas les pieds dans l'eau. Inutile de vous dire que le retour fut épique avec de l'eau presque aux genoux sous une pluie battante. Les enfants jouaient dans le courant au milieu de la rue, les adultes bavardaient tranquillement sous des toiles cirées. L'hôtel ! Enfin au sec ! Et bien, non ! Petite inondation au 3ième étage, notre étage, pour cause de mauvaise étanchéité des fenêtres. Enfin, malgré l'eau dégoulinant le long des murs, à l'intérieur bien sûr, passant sur les fils électriques et coulant sous le lit, les affaires sont sèches et une bonne nuit de sommeil nous attend.
J'ai oublié de mentionner l'orage que nous avons essuyé en allant voir Amapura en pick-up local, bondé comme d'habitude, sans bâche latérale. Malgré les parapluies ouverts (je me demande encore comment) à l'intérieur, nous avons été mouillées. Une misère n'arrivant jamais seule, l'engin est tombé en panne. Impossible de redémarrer, il a fallu monter dans le suivant déjà bondé lui aussi. Enfin la dernière partie du trajet s'est faite agréablement dans une carriole à cheval sans pluie. Le fameux pont en teck U Bein, de 1,2 km de long, nous a permis de prendre quelques belles photos et d'avoir une belle vue sur le lac entouré de paya. Retour par le même moyen de transport sans orage et sans panne cette fois-ci. Pourquoi n'avons pas pris de taxi pour nous éviter d'être tassées, mouillées nous direz-vous ? Et le fun, alors !
A ne pas manquer, non plus, Mingun, à 11 km de Mandalay. Ce ne sont pas tant le village et les payas qui sont intéressants que le trajet en bateau. Remonter le fleuve permet d'apercevoir des pêcheurs, des villages en bambous sur pilotis et l'activité du bois sur le plus grand fleuve de Birmanie, l'Ayeyarwadi.
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Bagan : Après 8 heures de bus (plus de bateau faute de touristes), couvertes de poussière, la chambre en teck de Maykhalar guesthouse et surtout sa douche, nous est apparue comme un paradis. La patronne toujours souriante et prête à aider, le staff très sympathique, le petit déjeuner avec fruits et pancakes (toast + œufs après quelques jours, beurk) ont rendu notre séjour à Bagan, sans parler des milliers de paya anciennes, inoubliable.
Le site étant très plat, pas trop éloigné de la ville (5 km), nous avons choisi de louer des vélos pour deux jours. Les fainéants peuvent louer une carriole à cheval (avec chauffeur) pour la journée. A Bagan, les payas en brique rose (2217 sur 4446 initiales) sont disséminées partout. Avec Angkor, c'est un des sites mythiques de la région sud-est asiatique à visiter absolument. |

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Aujourd'hui départ à 5 heures du matin, direction le lac Inley qui se trouve à plus de 800 m d'altitude. Col à franchir, virages en perspective, bus déglingué sans air conditionné qui embarque les passagers au fur et à mesure qu'ils font signe au bord du chemin. Petit tabourets en plastique ajoutés dans l'allée du milieu. 10 heures plus tard, nous avons survécu. C'est certain, je prends l'avion pour rentrer sur Yangon.
Niashwe, sur les bords du lac Inley, est un petit village paisible, charmant, très vert avec ses maisons basses et la meilleure guesthouse de Birmanie – Aquarius Inn. Tout en bambou, très propre et petit déjeuner pantagruélique avec soupe Shan, fruits, vrai café, samosa locaux, jus de fruit frais. Le propriétaire est aux petits soins. Il est toujours en train d'offrir du thé, du café, des lassis et des amuse-gueule locaux. En plus, il organise tout et vous fait rencontrer les guides avec lesquels il travaille. Visite du lac, ballade en canoë, location de vélos, billets d'avion, de bus, trekking.
Le lac Inley, c'est l'impression d'être en vacances, que le temps s'est arrêté dans ce coin du monde, que les gens ne savent pas ce que c'est que d'être stressé. C'est, au milieu du lac, le monastère des chats sauteurs, au détour d'un canal, le monastère où les Français sont accueillis par la liste des présidents français depuis Charles de Gaulle, c'est aussi les bateaux chargés de tomates, de légumes cultivés sur le lac, les pêcheurs ou les ramasseurs d'algues. La sérénité aidant et mon mal de fesse disparaissant, j'ai oublié mes idées d'avion. Je me suis motivée pour les 18 heures de bus pour Yangon. Départ à 12 heures, arrivée 6 heures du matin. Ça ne peut pas être pire que mes 50 heures de train en Chine ou les 20 heures de bus en Inde, ai-je pensé. Effectivement, ce ne fut pas pire mais pas mieux non plus.
Un conseil, prenez l'avion sauf si vous voulez avoir la musique ou la télé à fond les manettes, avoir 3 contrôles de police en deux heures, manger en quatrième vitesse dans des restaurants bondés par les passagers des bus précédents, être réveillé , si par chance vous avez réussi à vous endormir, à 4 heures du mat par la K7 de prières bouddhistes, vous faire sauter dessus à l'arrivée par les rabatteurs de taxi. Le logement à Yangon n'est pas extraordinaire. Bien entendu, nous n'avons pas logé au Strand (mêmes propriétaires que le Raffles de Singapour) même si nous y avons apprécié le high tea birman. Après 18 heures de bus, nous l'avions bien mérité, non ?
La Birmanie restera dans ma mémoire comme un bon séjour. J'y retournerai lorsque les routes se seront améliorées et que tout le pays sera ouvert aux touristes. Il est dommage qu'un pays, ayant le même potentiel touristique que la Thaïlande, végète parce que son gouvernement est incapable d'en gérer les richesses. |
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